Endettement croissant des grands groupes français

Endettement croissant des grands groupes français

Veille économique

L’endettement croissant des grands groupes français n’est pas sans risque

Dans son tout dernier bulletin, la Banque de France alerte sur le recours croissant des grands groupes français à l’endettement, dans un contexte de taux d’intérêt bas. Bien que la capacité à dégager des marges s’améliore depuis 2015 pour ces grandes entreprises, il apparaît que leur rentabilité opérationnelle moyenne est en diminution. Les performances enregistrées sont donc à relativiser au regard des ressources engagées, et notamment au regard de l’accroissement de l’endettement financier net.

Un autre risque à plus long terme associé à cette stratégie de financement est celui de la hausse du ratio de levier net moyen des groupes français, qui constitue une mesure de solvabilité. Bien que cet indicateur tende à décroître en 2018, il enregistre une hausse de 7,8 points pourcentage sur la période 2013-2018. Ce surcroît de dettes pourrait à terme peser sur l’autonomie financière des entreprises, dont la capacité d’autofinancement récurrente ne se renforce pas aussi vite que la hausse de leur endettement.

Le coussin de liquidité des grands groupes se réduit par ailleurs progressivement depuis le haut niveau atteint en 2012, ce qui doit constituer un point de vigilance.

Les auteurs soulignent enfin que les nouvelles dettes financières servant davantage dans la période récente à financer des opérations de croissance externe que de l’investissement, le revenu futur des nouvelles entités peut s’avérer surévalué.

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