Veille économique – 5 juin

Veille économique – 5 juin

Veille économique

Attractivité : première du classement européen en 2019, quelles sont les perspectives de la France face à la crise ?


Selon le baromètre EY de l’attractivité, la France occupe pour la première fois à fin 2019 la première place européenne pour l’accueil d’investissements internationaux. Avec 1 197 projets annoncés, soit une hausse de 17% par rapport à 2018, elle prend ainsi le pas sur le Royaume-Uni (1 109 projets, +5%) et l’Allemagne (971 projets, +0%). La France reste par ailleurs en tête de classement pour la production et la R&D en 2019, dans la continuité de la forte progression observée en 2017 et 2018. La crise sanitaire et économique – qui pourrait rebattre les cartes de l’attractivité – amène cependant à revisiter les plans d’investissement, bien que les deux tiers des projets de 2019 soient déjà réalisés ou en cours de mise en œuvre. Parmi les investissements annoncés en 2019, 25% seraient reportés ou fortement révisés, tandis que 10% seraient annulés. Le rapport souligne de plus que l’investissement étranger pourrait fortement ralentir en 2020 et 2021. 66% des dirigeants interrogés fin avril 2020 envisagent ainsi une réduction mineure ou substantielle de leurs projets en 2020 et 15% un report à 2021. Il est également à noter que pour 80% des dirigeants, le choix de localisation de leurs futurs investissements dépendra fortement de la nature et l’envergure des plans de relance. 83% d’entre eux envisagent à ce stade une régionalisation des chaines d’approvisionnement, avec un rapprochement de certains sites de production et de leurs chaînes de valeur aux frontières de l’UE et en Afrique.

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La relocalisation massive des entreprises semble difficilement envisageable


Bien que la crise ait entrainé une interruption brutale du commerce international, une relocalisation massive des entreprises apparait peu probable, estime l’assureur-crédit Coface dans une de ses récentes notes. En effet, la relocalisation complète de la production sur le marché intérieur semble être difficilement réalisable, de par l’augmentation des coûts de production qu’elle engendrerait et le manque de compétences nationales. Au-delà de ces problématiques, un nouveau processus de production domestique resterait par ailleurs dépendant de l’approvisionnement en matières premières, qui ne peut être relocalisé. Afin de protéger les entreprises des chocs d’approvisionnement étrangers, la diversification des fournisseurs est également une stratégie envisagée. Cette dernière permettrait alors de gagner en indépendance vis-à-vis d’un pays spécifique, et notamment la Chine, principal pays fournisseur dans le monde dans de nombreux secteurs. Les auteurs précisent toutefois que la dépendance à la Chine ne pourra disparaître complétement, les principaux producteurs d’un secteur d’activité étant fortement liés les uns aux autres.

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L’activité économique en France enregistre une chute de 27% au mois d’avril 2020


La Banque de France dévoile son dernier point mensuel sur la conjoncture française à fin avril 2020. Si la perte de PIB sur une semaine-type de confinement était estimée à -32% en mars, la nouvelle estimation pour le mois d’avril se situe autour de -27%. Cette amélioration concerne plus particulièrement les secteurs de l’industrie manufacturière hors agro-alimentaire, cokéfaction, raffinage (-37%, après -48%) et les services marchands (-27%, après -37%), tandis que la perte d’activité dans la construction demeure significative (-75%). En matière de trésorerie, la situation se détériore encore dans les services et reste dégradée dans l’industrie. Les chefs d’entreprises anticipent par ailleurs un début de reprise de l’activité pour le mois de mai et l’après-confinement, à l’exception de l’hébergement et de la restauration. Les secteurs les plus impactés par la pandémie comme l’industrie automobile ou encore la réparation d’automobiles seraient ceux qui se redresseraient le plus, leur niveau d’activité demeurant toutefois encore très éloigné de la normale.

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Baisse du chômage «en trompe l’œil » au premier trimestre 2020


Selon l’Insee, le taux de chômage au sens BIT – à 7,8% de la population active – a reculé de 0,3 point en France au cours du premier trimestre 2020. Le nombre de chômeurs a ainsi diminué de 94 000 pour s’établir à 2,3 millions de personnes. La publication souligne toutefois qu’il s’agit là d’un recul « en trompe l’œil », la baisse du chômage ne traduisant pas une amélioration du marché du travail. En effet, il apparait que cette diminution résulte principalement d’un fort recul du nombre de personnes sans emploi se déclarant disponibles ou en recherche active d’emploi pendant la période de confinement. Ainsi, seules 42% des personnes de 15-64 ans sans emploi au sens du BIT et souhaitant travailler se sont déclarées disponibles et en recherche active d’emploi sur la seconde quinzaine de mars 2020, contre 65% au cours de la même période de 2019. La période de confinement a donc affecté, outre la disponibilité des personnes (contrainte de garde d’enfant par exemple), les comportements de recherche active d’emploi. En l’absence de confinement, le taux de chômage au premier trimestre aurait été quasi stable, aux alentours de 8,2%.

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Répercussions de la pandémie du Covid-19 sur la situation de trésorerie des entreprises


Rexecode et l’Association Française des Trésoriers d’Entreprise (AFTE) publient les résultats de leur enquête mensuelle de trésorerie sur les grandes entreprises et ETI. Les soldes d’opinions des trésoriers quant à l’appréciation de la situation de trésorerie et de son évolution n’ont jamais été autant dégradés depuis le lancement de l’enquête en 2005. Les recherches de financement étant par ailleurs plus ardues, la proportion de trésoriers d’entreprise envisageant de mettre en place de nouvelles lignes de crédit de précaution bondit à près de 38%. Interrogés quant aux répercussions de la crise liée à la pandémie du coronavirus, 36% des trésoriers estiment que les conditions du crédit bancaire se sont durcies. Plus de la moitié d’entre eux envisagent de recourir à un décalage des échéances fiscales et sociales et, pour environ un tiers, à un report des échéances bancaires, aux prêts garantis par l’Etat et à l’allongement des délais de paiement. Enfin, 70% des répondants déclarent un report des dépenses d’investissement au sein de leur entreprise.

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